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POEMES

Portrait de reine

 Je suis une reine 

Une reine de souvenirs
Une reine vermoulue
Une reine aux quatre vents
Une reine de voyage
Que l'on plie, que l'on range
Une reine de quatre sous
Une reine de rien du tout

 

Sans mentir

Maldiction
A ceux qui dorment

Quand la neige acide
Découpe le ventre des mouettes

La Chose coule
Entre les jambes

Verrue de porcelaine
Au fond du lit
Les tripes collées de sueur
A l'idée d'être là

 

Liaison ultramarine

Un regard myope
Vient renifler les roses

Combien de nuits à grelotter en chœur
Sur ce manège englué ?

Délace ma robe, cette fois je descends
Sur le dos des baleines
Attiser l'inconnu

Dans l'échancrure d'amande
Tu étrangles en caresses
Ma peur acidulée

Par-dessus la surface
Les papillons suffoquent
Au joug des plaines de neige

 

Pas perdue

Le silence
Rabat ses plumes
Sur les eaux claires
Du peau à peau

Au ras du monde
Une femme est née
D'une bouche meurtrie

Et la lumière

 

Résonances de l'aube

Doucement
Il écarte
Le nid muet de l'aube

Sur son haleine fébrile
Se dévêt l'indicible
Qu'il porte en solitaire
A l'akène de sa proue

La vrille de l'offrande
Chevillée à son corps
Il révèle sa fragrance amarrée à l'hiver

De la tourbe bleuie
Sourd l'étrange délice
De n'être su
Qu'à l'intérieur

 

En descendant la rivière

Aux yeux fragiles
Les rivières voyagent
Leur évidence

Alors seulement

Les doigts bleutés
S'enroulent
Et se murmurent
Le secret
Des lichens 

 

Canaan

Sa voix
Il l'a laissée
Aux pieds d'une caravane
De toute façon il y avait bien longtemps
Que les mots avaient fondu
Maintenant il parle
Le désert

Une grappe d'échos
Au fond des poches
Pour les jours où il est trop seul
Seul

Assis au seuil de tout son être
L'infime battant la dune immense
Ses doigts caressent
Du bout des sables
La trace intime
De l'absolu

 

Django

Comme un archet brisé
Tu poses entre mes seins
Les cassures flamboyantes
De ta plainte tzigane

Hurlant de solitude
Ta fêlure obstinée
Rampe
Le long du sentier de lait et d'amandes

Assise dans une flaque
J'attends que me revienne
La pulpe de ce coeur
Nomade

Depuis, toutes les nuits
Vient cogner à ma bouche
Son goût de mûre sauvage

 

Entre deux

Quelques paroles en creux
Teintées de colophane

Le vide va-t-il me porter ce soir ?

J'implore en arabesques
Mon enfance
Décharnée

Me reviennent en brume
Des chaussons de poussière

Un cri
Tombe de mon cache-coeur
Et roule jusqu'à lui

A bout de forces
Et nue
Je m'enroule sur sa peau
Les cailles détournent les yeux
Devant tant d'impudeur
L'équilibre

Dévale

En fumerolles de givre